previous N° 328
Jeudi, 26 janvier 2012
328 - Goosch.lu
 

In einem Boot

Frank Jost – Das gab’s noch nie. Eine kleine Linksformation im Aufschwung, mit nur einem einzigen Abgeordneten, fragt die Präsidenten und Generalsekretäre aller großen Gewerkschaften ob sie nicht zu einer Veranstaltung gegen die Manipulierung des Indexes der Lebenskosten kommen wollen. Und sie kommen alle! Vor dem vollen Saal des Maison du Peuple sprachen am Dienstag Patrick Dury vom LCGB, Marc Glesener von der Aleba, Guy Greivelding vom Landesverband, André Roeltgen vom OGB-L, Marco Thomé von der FGFC, Romain Wolff von der CGFP und Serge Urbany für déi Lénk. Moderation André Hoffmann.
Dieses Ereignis hat eine dreifache Bedeutung. Einmal zeigt es die Bestürzung dieser Gewerkschaftsfunktionäre über die Diktate, die von der Regierung und fast aller parlamentarischen Fraktionen gegen die Lohnabhängigen ausgesprochen werden. Diktate deren Texte ausgeklügelt wurden in der OECD, den Ratingagenturen, den liberalen Lobbys, der EU, den Wärtern der gemeinsamen Währung zu denen auch Juncker gehört. Der ist gut platziert, die Überleitung zu Luxemburg zu machen und die einheimischen Unternehmerverbände zu beglücken. Pseudowissenschaftliche Gutachten über den vermeintlichen Verlust an Wettbewerbsfähigkeit sind leicht zu haben; sie werden in allen Größen und Farben angeboten, der Kunde braucht nur anzugeben, was er als Schlussfolgerung haben will.
Zweitens ist es für déi Lénk ein Achtungserfolg, in einer eigenen Veranstaltung alle Gewerkschaften versammelt zu haben und sie feierlich erklären zu hören, dass die Einheitsfront gilt, der Kampf gegen die wiederholten Konterreformen gemeinsam weitergeführt wird. Dieser Achtungserfolg wird nicht zu Kopf steigen. Déi Lénk wissen, dass die wenigsten der Redner sich mit den allgemeinen Positionen von déi Lénk identifizieren und dass sie diese Veranstaltung als Plattform angenommen haben, um der Regierung trotzige Entschlossenheit zu bekunden und) der LSAP zu bedeuten (von OGB-L und Landesverband vor allem) dass der Verrat nicht hingenommen wird.
Drittens zeugt die Veranstaltung *Tous ensemble pour l’Index“ von einem Dilemma, in dem sich die Gewerkschaftsbewegung befindet. Die Reihen sind gut gefüllt, besser als in den meisten europäischen Ländern. Aber unter dem Druck der Patronatsoffensive, der Individualisierung der Beschäftigten sind gewerkschaftliche Mobilisierungen nicht aus dem Arm zu rütteln. Im Abstrakten könnte man sogar sagen, dass das, was am Dienstag vorging, ein schlechter Ersatz für einen großen Streik gewesen sei. Wenn es der Zusammenführung der Kräfte genutzt hat, dann war es doch objektiv ein Erfolg. Doch stimmt die Orientierung des Salariats weder in Luxemburg noch europäisch. Diese Frage bleibt unbeantwortet: wie kommen die Lohnabhängigen Europas aus der Defensive heraus? Zu dieser Frage müssen eben auch Organisationen wie déi Lénk gehörig an politischen Perspektiven nachreichen.

 

«Les Gaulois de toutes les couleurs»

jlredondo.lu – Ainsi s'est exprimé le 18 janvier dernier Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche aux élections présidentielles françaises, à la tribune du Palais des Sports Saint-Symphorien de Metz devant plus de 2500 personnes venues le soutenir.

Tout comme Astérix et ses amis ont tenu tête au puissant Empire romain, les «Gaulois modernes» doivent opposer une farouche résistance aux marchés financiers et à leurs relais dans la société et le monde politique.

L'appel à ne pas succomber aux chants des sirènes du Front National et ne pas se laisser obnubiler par les discours de sa candidate Marine Le Pen a traversé comme un fil rouge le discours de Jean-Luc Mélenchon. Même si les «Gaulois modernes» ont des couleurs de peau diverses, ce n'est que rassemblés, au-delà de toutes les différences ethniques et culturelles, qu'ils pourront défendre les acquis sociaux arrachés au capitalisme dans les luttes de classes du passé et conquérir de nouveaux droits pour les travailleurs.

Exemples concrets à l'appui, Jean-Luc Mélenchon a démontré que Marine Le Pen était la candidate des gens riches et privilégiés. En aucun cas celle des ouvriers!

Agir en semeur de conscience de classe et n'abandonner aucun secteur des couches populaires au Front National – telle est la voie empruntée par Jean-Luc Mélenchon. Il est encourageant de constater que cet effort commence à porter ses fruits, alors que de récents sondages constatent une récupération du vote ouvrier au détriment de Marine Le Pen.

Il faut espérer qu'à l'avenir cette tendance aille en s'amplifiant. Le dépassement du capitalisme et de son corollaire le productivisme en dépend. Celui-ci ne peut se faire que si une conscience de classe transnationale et transethnique se développe dans les couches populaires.

Avant que Jean-Luc Mélenchon ne prenne la parole, Oskar Lafontaine avait exprimé à la tribune la solidarité du parti de gauche allemand «Die Linke».

Dans son intervention il insistait sur la nécessité d'une coopération renforcée des partis de gauche en Europe afin de contrecarrer la politique néfaste du couple «Merkozy».

Le Front de Gauche est en train de s'imposer avec force dans le paysage politique français. La gauche dans le reste du continent européen ne peut qu'en profiter!

[ Vidéo du discours de Jean-Luc Mélenchon à Metz: http://dai.ly/yoilQs ]
[ Vidéo du discours d'Oskar Lafontaine à Metz: http://dai.ly/z5OPhY ]

 

Philosophenkönige

ah - In Platons Gleichnis steigen die vom Wissen Erleuchteten in die Höhle zu den Unwissenden zurück, um die Führung zu übernehmen. Sie haben die Wahrheit erschaut und wissen, was gut und gerecht ist. Mythen und Lügen sind als Regierungsmethode ausdrücklich erlaubt, um die Stabilität des Staates und die Hierarchie der Stände zu sichern. Von der Demokratie hält Plato nicht sonderlich viel.

Wenn die Wirtschaft über allem steht, müssen die Wissenden Ökonomen sein. Sie können am besten dem blöden Volk die Welt erklären, die Medizin verschreiben und verabreichen und deren Heilkraft preisen. Weder politische Händel noch aufmuckende Unterschichten dürfen ihre Kreise stören. Die Demokratie – selbst die parlamentarische – muss der unantastbaren ökonomischen Wahrheit geopfert werden. Die Austeritätspolitik wird quasi wissenschaftlich fundiert.

Nun ist gegen Fachkenntnisse nichts einzuwenden – auch bei Regierungsmitgliedern nicht. Allerdings ist die Ökonomie keine Naturwissenschaft, sondern geprägt von unterschiedlichen, teils ideologischen Voraussetzungen. Zu den neuen „Technokraten“ in Griechenland, Italien, Spanien und der EZB gehört natürlich keiner der „économistes atterrés“ oder der Euro-Memorandum-Gruppe. Sie kommen allesamt aus dem neoliberalen Nest, haben reichlich Erfahrungen in der Verwaltung des Finanzkapitalismus gesammelt und begegnen sich bei den noblen und diskreten Bilderberg-Treffen mit den einflussreichsten Bankern und Unternehmern der ganzen Welt.

Der neue italienische Premier Monti war Mitarbeiter bei der ehrenwerten Firma Goldmann-Sachs, die bei der Manipulation der griechischen Haushaltszahlen mitgeholfen hat, pikanterweise auch der neue griechische Premier Papademos („Priester des Volkes“). Der neue EZB-Chef Draghi war auch dabei – nachdem er in Italien die große Privatisierung der Staatsbetriebe organisiert hatte. Der spanische Wirtschaftsminister Guindos, strammer Opus-Dei-Fan, war bei der Lehmann-Brothers, deren Zusammenbruch am Anfang der Finanzkrise stand...

In Italien hat (außer der rechten Lega Nord) das ganze Parlament der neuen Regierung das Vertrauen ausgesprochen. Nur weil kein Berlusconi dabei war. Aber auf der Straße heißt es: „ Non cambia niente“ (es wird sich nichts ändern) oder: es wird noch schlimmer. Außer der Widerstand kommt von der Straße. In ganz Europa!

 

Egypte : Premier anniversaire de la «Révolution du 25 janvier»

HH – Au Caire, un jeune militant révolutionnaire expliquait que l’Egypte était une maison où l’on avait simplement changé les rideaux… Ce constat, beaucoup d’Egyptiens le partagent malgré les discours rassurant du Conseil militaire quant à l’avenir du pays.

La situation économique c’est fortement dégradée depuis la chute du «Raïs» le 11 février 2011. Le tourisme, source importante de revenus, est en forte baisse, la croissance en net recul et la réserve de devises étrangères du pays a diminué de moitié. Face à cette situation, le nouveau premier ministre Al Ganzouri a fait appel au FMI pour un emprunt de 3 milliards de dollars, avec les conditions habituelles: réductions du déficit public, baisse des subventions aux produits de première nécessité… Comment espérer dans ces conditions améliorer le quotidien des 40% d’Egyptiens qui vivent avec moins de 2$ par jour?

La situation politique semble stagner, malgré l’élection d’un nouveau parlement. En effet, les pouvoirs de celui-ci restent limités et la procédure de réécriture d’une nouvelle constitution n’est pas clairement définie. Constituante désignée entièrement par le parlement? En partie par le Conseil militaire? Sous quelles conditions? Le maréchal Tantaoui, président de fait, semble en effet voir d’un mauvais œil l’adoption d’une nouvelle constitution réduisant les pouvoirs de la présidence…

Mais sur le terrain, les révolutionnaires ne perdent pas espoir et continuent la lutte, malgré la répression brutale des forces de sécurité (presque 100 morts depuis octobre) et le jugement de plus de 12000 civils devant des tribunaux militaires. Les nombreuses campagnes maintiennent la pression et quelques concessions sont faites, mais le pourvoir militaire reste, avec le parti de la liberté et de la justice des frères musulmans, l’instrument idéal de la bourgeoisie pour maintenir l’ordre économique et social en place. La confiance entre l’armée et le peuple se fissure petit à petit et ce premier anniversaire est à nouveau l’occasion de mobiliser contre la junte militaire et de réclamer « Le pain, la liberté et la justice sociale ». L’édition électronique du «Ahram» titrait d’ailleurs la veille: «le 25 janvier, tous les chemins mènent à la place Tahrir »…

 

Die Hauptstadt als Spielball der Politiker?

Für déi Lénk Stad, Justin Turpel und David Wagner, Gemeinderäte - Derzeit sind täglich 554.000 Verkehrsbewegungen in der Hauptstadt zu verzeichnen. 131.000 Fortbewegungen – also fast jede vierte – erfolgen mit dem öffentlichen Transport, drei Viertel der Fortbewegungen geschehen (423.000) mit dem Auto.

Die Zahl dieser Bewegungen wird sich allen Berechnungen nach bis zum Jahr 2020 auf 785.000 insgesamt erhöhen. Kommt es nicht zu einer Verdoppelung der Fortbewegungen mittels öffentlichen Transports, wird die Hauptstadt im Autoverkehr ersticken! Jetzt schon blockieren tägliche Staus die Zufahrten und die Luftwerte liegen oftmals über dem Erträglichen.

Fazit: um die Lebensqualität in der Hauptstadt aufrecht zu erhalten, muss der öffentliche Personentransport seine Kapazitäten bis 2020 verdoppeln. Allein mit dem Bus ist dies nicht zu erreichen; dazu bedarf es vielmehr eines modernen Trams.

Schon seit Jahrzehnten wird am Tram geplant und viel Geld wurde in teure Studien investiert, ohne dass es jedoch bisher zu einer grundlegenden Entscheidung – geschweige denn einem Baubeginn – gekommen ist. Die Mehrheitsparteien aus dem Schöffenrat und der Regierung schießen sich den Ball gegenseitig zu; jeder schiebt die Verantwortung auf den anderen. So verfließt kostbare Zeit, ohne dass etwas Entscheidendes passiert. In diesem Sinne ist die Aussage von Finanzminister Frieden, der Tram wäre derzeit nicht finanzierbar, verantwortungslos! Verantwortungslos sind ebenfalls das Schieben, das Warten, das Aussitzen. Verantwortungslos ist es von beiden Seiten, jetzt nicht die entscheidenden Schritte zum Bau einer modernen Trambahn in die Wege zu leiten.

Verantwortungslos ist es auch, eine weitere Zunahme des Individualverkehrs in der Hauptstadt und der Umgegend zuzulassen. Wenn so weiter „geplant“ wird, werden sich die Lebensqualität und die Luftwerte in der Hauptstadt immer mehr verschlechtern und die Länge der Staus derart zunehmen, dass überhaupt kein Vorankommen mehr möglich ist.

Sowohl im Interesse der Einwohner der Stadt Luxemburg und der Randgemeinden, als auch aller Menschen, die dort arbeiten, brauchen wir kurzfristig eine positive Entscheidung für den Bau eines modernen Trams auf dem Gebiet der Hauptstadt, dies mit flexiblem Anschluss an die Randgemeinden und die großen Achsen des öffentlichen Transportes.

 

Das schleichende Ende der LSAP?

John Rossi - Es kommen schwere Zeiten auf die LSAP und ihre Mitglieder zu. Sämtliche Gewerkschaften haben sich zu einem Bündnis zusammengefunden, mit dem Ziel, die antisozialen Maßnahmen, wie Index-Modulation und Rentenreform, der CSV-LSAP-Regierung zu bekämpfen. Auch die Schulreform steht in ständiger Kritik. Bei den 2 letztgenannten sind 2 sozialistische Minister die Hauptverantwortlichen. Ob jetzt alte Sozialisten sich im Grabe umdrehen, weiß ich nicht. Dass die Basis schon länger rumort ist sicher. Die Sozialisten, als Handlanger der CSV, sind massiv dabei, sozialen Abbau zu leisten. Und das schon längere Zeit, ohne Rücksicht auf Verluste. Spätestens mit ihrem liberalen Wirtschaftsminister, Liebling der Patronatsvertreter, war klar, dass das Boot nicht mehr allein sozialistisch gesteuert wird. Seit der „engen“ Zusammenarbeit von sozialistischen Abgeordneten und anderen sozialistischen Mandatsträger mit Unternehmer à la „Flav“, zeigt sich, dass diese jede Scham verloren haben und es schlussendlich nur noch um Privatinteresse und Privatfinanzen geht. „Après moi le déluge!“

Wie werden sich nun die sozialistischen Abgeordneten die aus Gewerkschaftskreisen stammen, bei der Abstimmung zum Index verhalten. Und wenn sie zustimmen oder sich nur enthalten, wie werden sie dann den Spagat fertig bringen das ihren Wähler zu erklären. Nein, es ist nicht leicht in diesen Tagen „Sozialist“ zu sein. Aber ehrlich sollte man trotzdem bleiben und gegenüber den Wähler klar stellen, dass diese CSV-LSAP Regierung nur noch eine Minderheitsregierung ist und das schaffende Volk nicht mehr vertritt. Die Demokratie lässt grüßen.

 

Un Meisch peut en cacher trois autres


Daniel Schneider – (Über das Unwort des Jahres und das wahrscheinlich stärkste Aphrodisiakum für Narzissten)


Nachdem sich die DP für das Verbot von Doppelmandaten in der Politik aussprach, forderte „déi Lénk Déifferdeng“ Claude Meisch, der damals drei Mandate besetzte, auf, die notwendigen Konsequenzen daraus zu ziehen. Der logische und ehrliche Verzicht auf eine seiner Vollzeitbeschäftigungen blieb allerdings aus. Im Gegenteil wurde das Unwort des Jahres von einer scheinbar überforderten DP geboren: Quadrupelmandat. 
Xavier Bettel entschied sich vernünftigerweise auf das Mandat des Fraktionsvorsitzenden und seinen Beruf als Anwalt zu verzichten um sich die notwendige Zeit als Bürgermeister nehmen zu können. Der hochmutige Meisch aber, der vom Aphrodisiakum Macht scheinbar nicht genug bekommt, nahm daraufhin sein nun unfassbar viertes Mandat an.

Man fragt sich also ob es am Mangel an Kompetenz innerhalb der DP liegt, daß, nachdem das junge Duo Meisch-Bettel am Ruder ist, sich die Mandate bei einer Person anhäufen oder ob es der Meischsche narzisstische Hochmut ist. Jedenfalls erinnert die gescheiterte Erneuerung durch Verjüngung der Partei an die aktuelle Lage der deutschen Liberalen, der FDP. So wurde auch Meisch trotz einer wesentlich höheren Anzahl von Wählern mit einem Minus von über 1.500 Stimmen bei den Gemeindewahlen bestraft.


Claude Meisch muss jedenfalls schnellstens eines seiner Vollzeitberufe ablegen. Die Mandatsakkumulation ist undemokratisch und respektlos gegenüber seinen theoretisch zu erfüllenden Aufgaben, den Leuten die darunter leiden, seiner Partei, den noch übrig gebliebenen DP-Wählern und sich selbst gegenüber.

Ein Briefträger der anstatt eines Rundganges 2-3 machen müsste würde vielleicht eineinhalb schaffen. Der Rest der Arbeit würde liegen bleiben. Das Scheitern der Reform der Zulieferungsdienste zeigt dass die „Briefträgerassistenten“ überfordert sind. Anstatt von 800 Haushalten müssen sie 1200 beliefern. Druck, Stress, Überforderung und unzufriedene Kunden sind das Ergebnis.

Hochgerechnet gaukelt Meisch seinen Kunden gerade vor, mindestens 3.000 Haushalte zu bedienen (abgesehen von anderen Mandaten in Syndikaten usw.).

Würde Meisch für die Post zuständig sein, hätte er diese wahrscheinlich längst ganz privatisiert um den Problemen aus dem Weg zu gehen. Er ist allerdings in, für Luxemburg und Differdingen wichtigen Positionen und deshalb soll er doch bitte endlich zur Vernunft kommen und sich seine missliche Lage eingestehen. Natürlich ist dies in Zeiten des allgemein angesehenen Wertes Leistungsfähigkeit in der Arbeitswelt nicht leicht doch manchmal sollte man sich an den Ratschlag der Großmutter halten die immer schon wusste: „Wanns de eppes mëss, da maach et och anstänneg.“

 

Le Parti de la Gauche Européenne mobilise

Goosch reproduit ici de larges extraits d’un appel lancé par le PGE le 14.1.2011 à Berlin intitulé: „Face aux marchés financiers et pour sortir de la crise en Europe, unir la gauche, renforcer les luttes, reconquérir le pouvoir des peuples » Texte complet sur www.dei-lenk-lu.

Avec les décisions du sommet européen du 9 décembre 2011, avec l'austérité généralisée et la mise sous tutelle des pays membres, l'UE entre dans une nouvelle phase de crise. Les européens ont déjà trop souffert de la crise du capitalisme financiarisé et des impasses de la construction ultralibérale dans lesquelles les traités enferment l'UE. Au service des marchés et sur la base du consensus néolibéral, les dirigeants de l'UE et des gouvernements nationaux continuent à imposer l'austérité pour faire payer aux peuples la crise du système bancaire et financier. En attaquant les droits sociaux, en réduisant les dépenses publiques, en privatisant et en refusant de changer le rôle de la Banque centrale européenne, ils ont fait exploser le chômage de masse et la précarité, augmenté la pauvreté en particulier chez les jeunes et les femmes. Toutes ces mesures néolibérales étaient inscrites le traité de Lisbonne, approuvé par les libéraux, les conservateurs et les sociaux-démocrates européens. Le poids des dettes publiques s’accroît et l'existence même de la zone euro et de l'UE est mise en question. En Grèce et en Italie, des gouvernements d' « union nationale » composés de la droite et des sociaux démocrates, et incluant même l'extrême droite dans le cas de la Grèce, sont investis sans passage devant les urnes.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel veulent aller plus vite et plus fort dans leurs politiques au service du capital. Dès le 1er mars, ils veulent imposer un changement déguisé des traités européens, sous la forme d'un « accord international pour une union économique renforcée». Ce texte instaure une centralisation autoritaire des choix politiques au niveau européen, avec la mise sous tutelle des budgets nationaux et la constitutionnalisation d'une « règle d'or » renforcée, une automatisation des plans d'austérité et des sanctions. Il pourrait être adopté sans aucune consultation des peuples. C'est une grave attaque aux souverainetés populaires, les droits des travailleurs et les services publics. Le duo « Merkozy » veut obliger l'UE et ses pays membres à renoncer pour des années au progrès social et se priver des outils permettant une sortie de crise durable. Le Parti de la gauche européenne rejette ce projet de traité et se prononce pour la tenue de référendums et de consultations populaires dans tous les pays de l'UE.

(…)
Pour nous, il n’y aura pas de sortie de crise sans :
- Refuser de l'austérité, promouvoir le développement social et la solidarité des peuples: La création d'emplois et le développement d'outils productifs respectant des critères de qualité en matière de droits sociaux et de protection de l'environnement doivent être une priorité. Les salaires, le niveau de protection sociale et l'ensemble des standards sociaux doivent converger vers le haut. Les dettes souveraines doivent être restructurées radicalement et des mesures de justice fiscale s'imposent pour que les revenus du patrimoine et du capital contribuent à la défense, au développement et au financement des services publics.
- Soumettre la finance au contrôle démocratique: Les peuples doivent pouvoir réaliser des audits sur les dette souveraines et définir celles qui doivent être annulées. La BCE doit prêter aux Etats à des taux faibles, pour libérer les investissements publics des marchés financiers. Les peuples doivent avoir la maîtrise du crédit et de la création monétaire, il faut donc un contrôle démocratique des banques, un changement des missions et statuts de la BCE et la création de pôles publics bancaires.

- Sauver et développer la démocratie en Europe: c’est par l’intervention populaire dans toutes ses formes (droit de vote, débat public, référendum, initiative citoyenne européenne) et les parlements nationaux et le parlement européen que doivent être prises toutes les grandes décisions qui engagent l’avenir de l’Europe.

En 2012, de nouvelles étapes sont à franchir. Il nous faut ouvrir des perspectives nouvelles, montrer qu'une Europe, refondée sur des bases sociales, démocratiques et écologiques, est possible. Dans les résistances populaires et dans les propositions des organisations politiques de gauche, syndicales et associatives, dans les réflexions de nombreux intellectuels, les fondements d'une alternative politique se dessinent. Les convergences peuvent s'affirmer à condition de prendre des initiatives qui leur permettent de se concrétiser. Voici venu le temps de mettre nos forces en commun pour riposter.

-- Nous nous engageons dès maintenant dans la bataille contre la ratification du projet d'accord international « Merkozy » dans chaque pays comme à l'échelle de toute l'Europe. Nous nous battrons pour la tenue de référendums ou de consultations populaires dans nos pays respectifs . Nous suggérons aux parlementaires de nos partis de proposer une résolution commune pour rejeter ce traité dans les parlements nationaux et européen. (…)

-- Nous voulons entamer un dialogue ouvert à toutes les forces politiques, sociales, syndicales, démocratiques, les intellectuels, militants associatifs ; toutes celles et ceux qui résistent à l'austérité et cherchent d'autres solutions à la crise. Quand les dirigeants européens tenteront de faire adopter l' «accord Merkozy», nous proposons d'organiser un «sommet européen alternatif» pour sortir de la crise les 30 et 31 mars prochains.

-- Nous voulons créer les conditions d'une irruption des citoyens dans les choix politiques européen, leur rendre leurs libertés politiques et leur souveraineté. Nous continuerons à soutenir et participer aux luttes. Comme le PGE l'a décidé lors de son dernier congrès, nous déposerons en mars une proposition d'initiative citoyenne européenne dont le libellé serait le suivant. L'objectif de l'initiative : «combattre l'austérité et les marchés financiers, réorienter l'argent vers le progrès social, permettre aux citoyens de faire entendre leurs propositions par la démocratie». Et sa demande précise : «un fonds européen de développement social, solidaire et écologique, ou une banque publique européenne exclusivement destinée à faciliter les investissements publics en faveur du développement social et écologique, la promotion des services publics». (…)

 

Contre le discours dominant sur la dette publique

Collectif d’Attac-France (G. Azan, E. Balibar, T. Coutrot, D. Méda, Y. Sintomer) - (…) «Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, «vit depuis plus de trente ans à crédit». (…)

Ce scénario est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels. «Ainsi selon le rapport sur «la dépense publique et son évolution», publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à… 52,9 % dans les années 2000.

Si les déficits et la dette ont flambé, ce n'est pas du fait d'une envolée des dépenses, mais à cause d'une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d'impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du projet, à plus de 100 milliards d'euros. Et la crise financière a provoqué une chute brutale des recettes publiques déjà érodées par cette contre-révolution fiscale. Cette dette est celle de la finance et du néolibéralisme, pas des assurés sociaux ni des citoyens.»

A ce fardeau, s'ajoutent «les intérêts versés en 2011 aux rentiers – ceux-là mêmes qui ont bénéficié des baisses d'impôts – se montent à 50 milliards d'euros (...)».

Dans ce contexte «pour préserver les services publics et la protection sociale, et enclencher une transition écologique, le débat démocratique devra déterminer si une part de cette dette est illégitime, c'est-à-dire contractée au nom d'arguments infondés et au bénéfice d'intérêts particuliers et, le cas échéant, décider un défaut sur cette partie de la dette. Les Etats devront à l'avenir se financer ailleurs qu'auprès des seuls marchés financiers, comme ils le faisaient jusqu'au début des années 1980 : faute de quoi ils ne pourront plus prétendre à aucune souveraineté.

Ils devront aussi prendre acte que cette crise est aussi celle d'un modèle de croissance insoutenable, et réorienter les investissements publics vers des programmes écologiquement plus sobres et plus riches en emplois, au lieu de grands projets productivistes, coûteux et obsolètes.»

(…) «C'est pourquoi un appel pour un «audit citoyen de la dette publique» a été lancé mi-octobre 2011 par des personnalités et nombre d'organisations syndicales, associatives et politiques, rejoints par plus de 50 000 citoyens (Audit-citoyen.org).

Des collectifs locaux se créent dans de nombreuses localités pour proposer aux citoyens de s'emparer de ce débat.»

 

En bref - Kurz gesagt

Tous ensemble pour l’index

Les lecteurs/lectrices de goosch qui auront raté la soirée du 24 janvier à la Maison du Peuple pourront voir et écouter l’intégral des allocations des orateurs sur le site www.dei-lenk.lu. La discussion qui s’en suivit ne figure pas dans l’enregistrement. Bonne écoute!

 

Agenda - agenda

Mercredi 1er février 2012 à 19 heures au Centre Culturel de Rencontre Abbaye de Neumünster à Luxembourg, salle José Ensch.
Conférence de Dominique Vidal «L’état du monde: nouveaux acteurs, nouvelle donne». Organisateur: L’asbl «Les Amis de la Liberté»

Le 3 février 2012 à 19 heures au café d :qliq 17, rue du St.Esprit à Luxembourg, Vendredi Rouge: "Psychanalyse, critique de l'idéologie, émancipation" avec Thierry Simonelli.

Le 3 février 2012: 9h – 12h et 14h – 17h / 6 février 2012: 14h – 17h / 7 février 2012: 9h – 12h, SCRIPT , Luxembourg-Kirchberg
Formation sur la mémoire collective et les manuels scolaires :
Le conflit israélo-palestinien dans l’enseignement : différentes versions et perspectives.
Cette formation s’adresse en premier lieu aux enseignants, elle est ouverte aussi aux autres. Inscription: michel [dot] legrandatinternet [dot] lu

Mardi 7 février 2012 à 20h00 au CCRN Abbaye Neumünster, 28, rue Münster / L-2160 Luxembourg: Conférence-débat avec Nurit Peled et Samira Alayan "L’histoire, un enjeu politique ?"

 

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