mercredi, 02 octobre 2013

OAI – Ordre des architectes et des ingenieurs-conseils [FRAGE]

Antworten von déi Lénk auf den « texte de position de l’ordre des architectes » der Organisation Ordre des architectes et des ingenieurs-conseils: www.oai.lu

Nous sommes heureux de pouvoir réagir au texte de position de l’ordre des architectes qui nous paraît aussi professionnel que pertinent et porteur d’avenir et qui se détache favorablement du discours corporatiste. déi Lénk ne sont pas une formation populiste. Nous ne donnons donc pas raison à tout le monde, nous n’applaudissons pas à toute humeur et à leur contraire. Nous allons répondre librement en soutenant les propositions qui nous paraissent judicieuses, en formulant nos réserves dans les domaines dans lesquels vous ne nous avez pas entièrement convaincus et en nous permettant de faire des remarques propres qui nous distinguent d’autres courants. Nous ne prétendons ni à la vérité pure ni à une prise de position exhaustive.

1 – «Concevons, construisons et utilisons durablement notre cadre de vie»

Nous apprécions l’approche contextuelle, globale, créative, innovatrice, indépendante, intègre, intégratrice, cohérente et responsable des concepteurs pour façonner l’environnement bâti. Nous ne voyons pas en quoi elle pourrait être toujours impartiale. Ni l’urbanisme, ni l’architecture
n’étaient jamais complètement impartiaux. C’est surtout vrai à l’heure de la « gentrification» des centres urbains et d’ailleurs des campagnes environnantes des villes. Le façonnement intégratif du bâti est souhaitable mais souvent contraire à la pratique dominante.
Nous sommes très proches de votre approche multiple de la notion de «développement durable» et nous y incluons aussi des aspects sociaux, multiculturels et autres. Nous apprécions votre volonté en tant que concepteurs de vouloir construire de manière plus économique. Un objectif principal lors de la conception devrait être également d’évaluer, déjà lors de la conception d’un bâtiment, les futurs frais d’exploitation de ce dernier tout au long de sa vie, afin de limiter ces frais à un niveau raisonnable. Nous adhérons au principe du «first design, thenbuild». Lors de la phase d’imagination, de programmation et de budgétisation, les créateurs professionnels devraient également prendre note des idées des populations
concernées, essayer de convaincre les différents acteurs en cas de conflit et essayer de vaincre les idées reçues.

Avec quelques réserves nous appuyons également le critère de l’offre économiquement la plus avantageuse. De toute façon nous l’appuyons face à la pratique courante des suppléments cachés et des matériaux de moindre qualité utilisés. Néanmoins, l’adjudication des marchés devrait se faire
toujours suivant des critères transparents et cohérents. La vérification des offres par rapport à la conformité et le classement en raison de l’adjudication devra rester juste, équitable et compréhensible. L’implication de l’expérience et du savoir faire des concepteurs dans le processus d’élaboration des lois et règlements nous paraît sage; l’introduction d’une phase de test pour les lois demande une réflexion plus approfondie.

2 – «Simplifions intelligemment le carcan administratif surtout dans la construction : réduisons de 1200 à 600 les éléments déclenchant une procédure tout en respectant les objectifs fixés»

C’est un sujet qui nous incite à la prudence. Nous sommes bien conscients qu’il y a des double-emplois, des lenteurs, des conservatismes, des corporatismes dans l’administration, des incohérences dans la législation. Nous ne nous opposons pas à une simplification administrative judicieuse. Nous sommes cependant confrontés aussi dans les communes où nous sommes présents dans les conseils communaux à des pratiques expéditives en matière de réalisation de projets nouveaux où semble prévaloir une absence quasi absolue de réglementation et d’autorisations. Nous sommes prêts à élucider avec vous ces situations qui nous paraissent même scandaleuses.
Nous sommes toujours adeptes d’un solide corpus de règles en matière écologique et en faveur d’un droit de regard efficace des populations.

3 – «Exigeons de notre formation initiale qu’elle permette une activité professionnelle soutenue par une formation continue volontaire»

Nous sommes très favorables aux propositions que vous faites dans ce chapitre. Nous sommes particulièrement favorables à l’encouragement que vous donnez aux jeunes de choisir des carrières d’architectes et d’ingénieurs qui après-tout sont des domaines de création. Notre pays risque de perdre avec le processus de désindustrialisation énormément en capacité créatrice et de know-how dans les domaines de la technologie. Ce développement est pernicieux et doit être contré. Le développement fulgurant du secteur de l’architecture de ces dernières années s’inscrit en contre-courant et demande à être apprécié davantage par le grand public. Les réalisations de nos meilleurs bureaux d’architecture ont depuis longtemps dépassé le provincialisme rétrograde et cela est sans aucun doute un bon gage d’avenir pour le pays tout entier.
Vous traitez sous le même point le problème des écoles-conteneurs qui sont devenus une pratique très répandue et déplorable. En effet, apprendre aux enfants d’apprécier un environnement de qualité ne peut venir que de la mise à disposition d’une infrastructure digne d’un établissement d’éducation.

4 – «Permettons l’accès à un logement digne pour tous»

Si nous signons le titre de ce chapitre sans hésitation, nous avons cependant des réserves concernant le contenu.
Nous n’avons nullement l’impression que les décideurs politiques mettent l’accent sur l’offre, bien au contraire. La politique gouvernementale consiste en une multiplication de primes en faveur de futurs propriétaires individuels. Les projets de l’ancien «Fonds du logement» et de la SNHBM ne représentent qu’une partie infime du logement et les programmes n’arrivent à suivre ni la demande actuelle ni l’évolution de la démographie. Les projets de réforme de ces deux sociétés risquent de les paralyser. Les chiffres concernant les logements à construire annoncés par le ministre du logement ne nous semblent pas réalistes mais volontaristes.
Les communes se sont – à de rares exceptions près – complètement déchargées du problème du logement abordable pour une large majorité. Nombreuses d’entre-elles se désintéressent aux projets de logements dits sociaux ne désirant pas recevoir une population en position sociale inférieure. Nous nous inscrivons en faux contre l’idée que le «logement social» ou le logement «à prix abordable» est un service pour les pauvres. La fourche entre les prix du logement (achat, construction nouvelle, loyers) et les revenus des ménages s’est élargie à tel point que même les ménages de salariés à revenu moyen se trouvent exclus de l’accession à la propriété.
Oui, il faut agir dans le sens de l’offre accrue. Nous savons et mêmes les instances gouvernementales le savent que les prix du logement s’échappent bien plus à cause des prix du foncier que ceux de la construction. La racine du mal est donc connue. Mais les rapports de forces politiques actuels ne permettent pas encore de s’attaquer à la racine.Déi Lénk fait donc des propositions conséquentes au sujet de la crise du logement dans son programme électoral.