Kongress.

Le 21e congrès de déi Lénk, qui s’est déroulé le 24 Mars à Esch-sur-Alzette, était principalement consacré aux élections européennes de juin 2024. Ainsi, le congrès a à la fois adopté notre manifeste et notre liste de candidat.es résolument jeune (moyenne d’âge de 30 ans environ). Deux résolutions ont été débattues puis adoptées. La première souligne notre solidarité avec le peuple palestinien, la seconde nous exhorte à résister contre l’actuel gouvernement dont la ligne politique s’avère de jour en jour plus catastrophique. Le slogan “Zesummestoen. Stand together. Faire bloc.” nous accompagnera tout au long de la campagne électorale.

Le discours d’ouverture de Leonie Guskowski.

Ana Correia, Alija Suljic, André Marques, Ben Muller, Tania Mousel et Anastasia Iampolskaia présentent notre manifeste pour les élections européennes.

Nos candidat.es pour les européennes de g. à d.: André Marques, Tania Mousel, Anastasia Iampolskaia, Ben Muller, Ana Correia, Alija Suljic.
La 21e congrès de déi Lénk a fait salle comble.

Résolution 1:

Solidarité avec le peuple palestinien : Pour une paix juste et durable

Après le raid du Hamas du 7 octobre, pendant lequel toutes les règles du droit international ont été violées, et que déi Lénk avait clairement condamné, le monde entier assiste, jour après jour, à la campagne criminelle d’attaques généralisées et systématiques menée par le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou contre les populations civiles palestiniennes. La population assiégée et affamée de la bande de Gaza est soumise à des bombardements quotidiens. Toutes les infrastructures sociales ont été détruites, notamment les hôpitaux. L’aide humanitaire est bloquée par Israël et n’arrive qu’au compte-gouttes. Au-delà d’une guerre contre le Hamas, c’est une guerre contre le peuple palestinien. Jour après jour, les preuves de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et même d’un génocide s’accumulent.

La Cour Internationale de Justice (CIJ) a le 26 janvier 2024 déterminé la plausibilité qu’Israël est en train de commettre des crimes en violation de la ‘Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide’ et qu’il y a urgence d’intervention. La cour a en conséquence ordonné à Israël d’arrêter tout actes et incitations prohibés par cette Convention, de fournir l’aide humanitaire nécessaire à la population de Gaza et de tout faire pour prévenir la destruction de preuves en relation avec ces crimes. Tous les États signataires de la Convention sont d’ailleurs tenus à faire appliquer cette ordonnance.

Le Congrès de déi Lénk exprime sa solidarité avec le peuple palestinien aujourd’hui privé de son droit à l’autodétermination et menacé d’éradication. Nous condamnons avec fermeté tant les actions militaires totalement indiscriminées et disproportionnées d’Israël dans la bande de Gaza, qui relèvent du crime contre l’humanité, voire du crime de génocide, que la politique illégale et injustifiable d’occupation, de colonisation et d’annexion menée à l’encontre de l’ensemble des territoires palestiniens. Cela concerne notamment le règne de la terreur contre les Palestiniens de Cisjordanie, menée aussi bien par l’armée israélienne que par les colons juifs. Les actions israéliennes constituent une violation flagrante du droit international et des droits de l’homme.

Ces actions ont été acceptées et même soutenues par les États-Unis et la plupart des gouvernements de l’Union européenne. Sans cette complicité des gouvernements occidentaux avec la colonisation sioniste, Israël ne pourrait continuer de refuser toute perspectives d’une paix juste en Palestine.

Au moment de la partition de la Palestine en 1947-48 l’État d’Israël s‘est accaparé de 78% du territoire par la guerre et le nettoyage ethnique qu’on appelle la Nakba. Depuis 1967 il contrôle les 22% restants. La politique israélienne depuis 1967 ne cesse de réduire et morceler les terres palestiniennes de Cisjordanie et réduit à l’état de citoyens de seconde zone les Palestiniens habitant l’État d’Israël en le définissant dans sa Constitution comme État juif.

Une solution à deux États n’est pas la seule possible. Il y en a d’autres (par exemple un seul État séculaire avec des droits égaux pour tous ses habitants, quelque soit leur origine, un État binational, ou encore une confédération), sachant que le choix de s’engager pour une de ces voies ou non relève du choix souverain du peuple palestinien, en vertu de son droit à l’autodétermination. La solution à deux États retrouve cependant une certaine actualité depuis le 7 octobre et la situation à Gaza et parce qu’elle bénéficie d’un fort appui international.

En même temps une autre « solution » est aussi avancée en Israël, celle d’une expulsion massive des Palestiniens de Gaza, mais aussi ceux de Cisjordanie et de Jérusalem Est,  afin de rendre impossible la création d’un État palestinien. Cette solution est inacceptable, non seulement parce qu’elle équivaudrait à un génocide contre le peuple palestinien, mais parce que le droit du peuple palestinien à un État ne saurait relever du bon vouloir du gouvernement israélien.

Le 21e Congrès de déi Lénk, réuni le 24 mars 2024 à Esch-sur-Alzette, rappelle :

  • que le peuple palestinien a le droit à l’autodétermination ;
  • que les Palestiniens et les organisations de la résistance palestinienne ont le droit de se défendre et de lutter contre l’occupation illégale des territoires palestiniens par Israël ;
  • que toute action militaire doit respecter les principes clés du droit international humanitaire, et notamment la distinction entre objectifs militaires et civils ainsi que la proportionnalité.

Dans le cas où Israël se montrerait prêt à discuter d’une solution politique, les négociations doivent être menées par les représentants palestiniens. Ce sera aux Palestiniens de décider qui les représente.

Toute solution équitable et instaurant une paix durable autour de la notion de deux États devrait conduire à des États laïques et démocratiques, sur base de l’égalité en droits de tous leurs citoyens, mais aussi pleinement souverains, contrôlant tout leur territoire.

Actuellement, face à un État d’Israël surarmé et capable de tout, les Palestiniens ont besoin d’un grand mouvement international de solidarité. Il faut créer un rapport de forces qui limite la liberté d’action d’Israël et de ses soutiens internationaux.

Les conditions d’un tel mouvement sont réunies, non seulement dans le monde arabe et le Sud Global mais en Europe et Amérique du Nord. Et les manifestations, en Europe notamment, depuis plus de cinq mois, portent leurs fruits. Il devient de plus en plus difficile pour les gouvernements occidentaux  de continuer leur soutien a-critique à Israël et certains se trouvent obligés d’exiger un cessez-le-feu et de parler de solution politique.

Ce mouvement devrait avoir comme revendications notamment :

  • Un cessez-le-feu immédiat et durable, ainsi que la levée du blocus de Gaza, pour mettre fin aux souffrances humanitaires ;
  • Le retrait des troupes israéliennes de Gaza ;
  • Le refus de toute tentative d’expulser la population palestinienne de Gaza ;
  • La protection des populations civiles de Gaza et la libération de tous les otages et prisonniers politiques palestiniens et israéliens ;
  • L’instauration d’une représentation de la population locale suite à des élections démocratiques ;
  • Le retrait des troupes israéliennes de la Cisjordanie, où la protection des civils devra être assurée par des forces palestiniennes ;
  • L’arrêt immédiat des hostilités militaires à la frontière libano-israélienne et le refus de toute intervention au Liban et en Syrie ;
  • Nous appelons les autorités luxembourgeoises et européennes à adopter une position ferme et équitable en se conformant à leurs obligations au titre de la Convention de 1948 sur le génocide, qui ne concerne pas seulement la répression, mais aussi la prévention de ce crime, notamment en demandant à la Cour internationale de justice d’ordonner des mesures contraignantes afin de protéger toutes les populations menacées d’extermination totale ou partielle ;
  • La reconnaissance officielle d’un État Palestinien dans les frontières de 1967, uniquement modifiées moyennant accord des deux parties, soutenant ainsi une avancée importante pour le droit à l’autodétermination du peuple palestinien ;
  • De soutenir tant matériellement que financièrement les actions de la Cour Pénale internationale pour enquêter sur tous les crimes commis dans le cadre du conflit au Proche-Orient et les compléter, le cas échéant, par sa propre action répressive contre des criminels de guerre relevant de la compétence de la justice luxembourgeoise ;
  • D’appliquer des sanctions ciblées contre Israël jusqu’au respect intégral du droit international et des droits de l’homme. Notamment le principe de distinction entre objectifs militaires et civils et le principe de proportionnalité. Ainsi que l’imposition d’un blocus complet sur tout export ou transfert d’armes, munitions, technologies militaires et mixtes ainsi que les profits en découlant ;

Nous honorons la mémoire des toutes les victimes civiles réaffirmant que la paix ne pourra être fondée que sur la justice et l’égalité des droits pour toutes et pour tous.

Nous affirmons notre solidarité avec les formations politiques et les organisations israéliennes qui défendent les droits du peuple palestinien et la démocratie et l’égalité de droits de tous les habitants en Israël.

Plus particulièrement, nous apportons notre soutien politique aux secteurs de la gauche israélienne qui s’engagent pour un dépassement du projet sioniste.

Parallèlement nous préconisons le renforcement de la coopération avec la société civile palestinienne en dehors de tout projet étatique islamiste.

Nous soutenons la campagne « BDS » (Boycott, désinvestissement et sanctions) formellement lancée le 9 juillet 2005 par 171 organisations non gouvernementales palestiniennes, un outil indispensable pour changer les rapports de forces et faire pression sur Israël et les gouvernements occidentaux. Nous nous engageons à promouvoir ces objectifs dans toutes nos actions politiques, tant au niveau national qu’international.

Résolution 2:

FR-Organisons la résistance !

Face à l’hégémonie du libéralisme de droite, à l’irresponsabilité écologique et à l’infiltration des méthodes et idées de l’extrême droite dans le mainstream politique, nous, déi Lénk, devons nous engager dans la lutte contre toutes les formes de domination. Rassembler l’opposition dans la société civile et promouvoir notre vision de l’écosocialisme. Faire résistance contre un gouvernement socialement rétrograde, discriminatoire et dangereux.

Le poisson pourrit toujours par la tête. Quand le premier ministre définit notre pays comme une entreprise, dont il se proclame lui-même le PDG, il ignore les bases mêmes de la démocratie. Le souverain, dans une démocratie, c’est le peuple, dont les représentants élus siègent à la Chambre des Députés, le premier pouvoir. Mais un PDG n’est pas au service des citoyens, il sert ses copains du monde des finances et de l’économie. À nous, déi Lénk, de mobiliser les citoyennes et citoyens.

Le gouvernement CSV-DP, qui avait annoncé vouloir combattre la pauvreté, est en train de combattre les pauvres, voire de les chasser : loin des yeux, loin du cœur. C’est le ministre de l’Intérieur qui s’est illustré avant tout, en faisant de l’interdiction de la mendicité, qui est un droit humain, une priorité absolue. Depuis il se bat contre les critiques de la société civile, de la presse, de la justice et de la police dans le seul but de garder raison, quitte à mettre en péril l’État de droit, dont il devrait en être le gardien. Nous défendons par-dessus tout le droit à ne pas avoir à mendier. À nous, déi Lénk, de monter la garde.

Pendant ce temps, les promoteurs immobiliers ont déjà eu leur paquet de mesures fiscales, le fameux “Logementsdësch” a été une petite discussion entre amis, sans voix discordantes. Chercheurs, représentants des locataires et syndicats n’ont tout simplement pas été invités. Si la législation sur la protection de la nature est un obstacle, on la changera au bénéfice des grands promoteurs, de l’exploitation du territoire et d’une agriculture productiviste sans avenir. En déclinant toute responsabilité écologique, ce gouvernement met en danger la santé et la qualité de vie des générations actuelles et futures. À nous, déi Lénk, d’engager la lutte pour leur protection.

Aucun acquis n’est plus en sécurité. Rappelons que les patrons se sont déjà permis une attaque sans précédent sur une convention collective, avec la complicité tacite du ministre du Travail. La ministre de la Sécurité sociale a laissé entendre qu’elle allait s’attaquer au système de retraites public, afin de le rendre “viable”. Son alternative : l’assurance pension privée. Pour ceux qui peuvent se le permettre. À nous, déi Lénk, d’organiser la défense des plus exposés.

Dans les relations internationales, les intérêts économiques ou stratégiques l’emportent sur les considérations d’humanité et de justice. Dans la réaction aux guerres et aux conflits, c’est la logique du “deux poids, deux mesures”. Face au défi migratoire, le repli nationaliste, la répression voire le racisme gangrènent nos sociétés. À nous, déi Lénk, d’organiser la résistance.

Avec à peine 48% des suffrages, et encore de la seule moitié de nos citoyens qui a le droit de vote, le gouvernement n’a pas de majorité démocratique, donc pas de mandat légitime, pour mener sa politique de régression sociale et démocratique. La société civile s’inquiète de la politique du nouveau gouvernement et des dérives de certains de ses représentants. Le nouveau pouvoir affiche son mépris pour ces inquiétudes, il préfère abaisser les voix critiques. À nous, déi Lénk, d’organiser la défense du droit à la dissidence.

En tant que parti d’opposition et mouvement social, nous avons le devoir de vigilance face aux tendances régressives du nouveau gouvernement, le devoir de participer à la défense des droits des travailleurs et de nous engager en faveur des classes exploitées.

DE-Organisieren wir den Widerstand !

Angesichts der Hegemonie des Rechtsliberalismus, der ökologischen Verantwortungslosigkeit und der Unterwanderung des politischen Mainstreams durch rechtsextreme Methoden und Ideen müssen wir, als déi Lénk, den Kampf gegen jegliche Herrschaftsformen aufnehmen. Wir müssen die oppositionellen Kräfte der Zivilgesellschaft zusammenbringen und gleichermaßen unsere Vision des Ökosozialismus fördern. Wir müssen Widerstand gegen eine Regierung organisieren, die sozial-rückschrittlich, diskriminierend und deshalb gefährlich ist.

Der Fisch fängt immer vom Kopf her an zu stinken. Wenn der Premierminister unser Land als Unternehmen definiert, zu dessen Geschäftsführer er sich selbst ernennt, ignoriert er die Grundlagen der Demokratie. Der Souverän ist in einer demokratischen Ordnung das gesamte Volk, dessen gewählte Repräsentanten in der Abgeordnetenkammer, der ersten Staatsgewalt, sitzen. Doch ein Vorstandsvorsitzender ist nicht im Dienste der Bürgerinnen und Bürger, sondern im Dienste seiner Freunde in der Finanz- und Wirtschaftswelt. Es ist an uns, déi Lénk, die Bürgerinnen und Bürger zu mobilisieren.

Die CSV-DP-Regierung, die einst angekündigt hatte, Armut bekämpfen zu wollen, bekämpft nun die Armen selbst. Sie vertreibt sie sogar, ganz nach dem Motto: aus den Augen, aus dem Sinn. In erster Linie hat sich der Innenminister durch das menschenrechtswidrige Bettelverbot, welches er zu seiner absoluten Priorität hochstilisierte, hervorgehoben. Seitdem kämpft er gegen die Kritik der Zivilgesellschaft, der Presse, der Justiz und der Polizei mit dem einzigen Ziel, Recht zu behalten, selbst auf die Gefahr hin, den Rechtsstaat, dessen Hüter er sein sollte, zu gefährden. Wir verteidigen vor allem das Recht, nicht betteln zu müssen. Es ist an uns, déi Lénk, wachsam zu bleiben.

In der Zwischenzeit haben die Immobilienentwickler bereits ihr Steuerpaket erhalten, der berühmte “Logementsdësch” war eine Diskussion unter Freunden, ohne Gegenstimmen. Forscher, Mietervertreter und Gewerkschaften wurden schlichtweg nicht eingeladen. Wenn die Naturschutzgesetzgebung ein Hindernis darstellt, wird sie zugunsten der großen Bauherren, der Ausbeutung des Landes und einer zukunftslosen, produktivistischen Landwirtschaft geändert. Diese Regierung lehnt jegliche ökologische Verantwortung ab und gefährdet somit die Gesundheit und Lebensqualität heutiger und zukünftiger Generationen. Wir, déi Lénk, müssen für ihren Schutz kämpfen.

Keine Errungenschaft ist mehr sicher. Es sei daran erinnert, dass die Arbeitgeber mit stillschweigender Duldung des Arbeitsministers bereits einen beispiellosen Angriff auf Tarifverträge gestartet haben. Die Ministerin für soziale Sicherheit hat angedeutet, dass sie das staatliche Rentensystem anzugreifen, um es „tragfähig”/zukunftsfähig zu machen. Ihre Alternative: die private Rentenversicherung – für jene, die es sich leisten können. Es ist an uns, déi Lénk, die Verteidigung sozial-geschwächter Menschen zu organisieren.

In internationalen Beziehungen haben wirtschaftliche und strategische Interessen Priorität vor Menschlichkeit und Gerechtigkeit. Die Logik der “doppelten Standards” dominiert die Reaktionen auf Kriege und Konflikte. Nationalistische Abschottung, Unterdrückung und Rassismus durchziehen unsere Gesellschaften in der Migrationsfrage. Es liegt an uns, als déi Lénk, Widerstand zu organisieren.

Mit knapp 48% der Stimmen, und dies auch nur von der wahlberechtigten Hälfte unserer Bürger, hat die Regierung indes keine demokratische Mehrheit, demnach kein legitimes Mandat dafür, ihre Politik des sozialen und demokratischen Rückschritts zu betreiben. Die Zivilgesellschaft ist über die Politik der neuen Regierung und die Entgleisungen einiger ihrer Vertreter besorgt. Die neuen Machthaber ignorieren diese Sorgen und versuchen, kritische Stimmen verunglimpfen zu lassen. Es liegt an uns, als déi Lénk, die Verteidigung des Rechts auf Gegenstimmen zu organisieren.

Als Oppositionspartei und soziale Bewegung haben wir die Pflicht, wachsam gegenüber den regressiven Tendenzen der neuen Regierung zu sein, uns an der Verteidigung der Arbeitnehmerrechte zu beteiligen und für die ausgebeuteten Klassen eintreten.


Le 20e congrès de déi Lénk (25 mars 2023) a été placé sous le signe des élections communales de 2023. Trois résolutions ont dénoncé les manquements et les erreurs de planification en matière d’urbanisme, de protection de l’environnement, de transition énergétique et de participation citoyenne. Les déficits démocratiques – la lourdeur des procédures d’inscription des non-Luxembourgeois sur les listes électorales, comme le double mandat de député.e-maire – sont de plus en plus évidents et freinent le processus démocratique et participatif. Dans le programme-cadre pour les élections communales à venir, qui a déjà été approuvé par la Coordination nationale en décembre 2022, des propositions alternatives développées par déi Lénk, qui représentent une politique communale sociale, démocratique et participative durable, sont présentées et expliquées. Il est grand temps que la réforme de la loi sur les communes soit enfin abordée.

Gary Diderich et Carole Thoma au 20e Congrès ordinaire

En outre, une résolution de solidarité avec les grévistes en France a été adoptée, avec un appel à les soutenir solidairement, également par des dons financiers à la caisse de grève.

Une modification importante des statuts concernant le mode d’élection de la Coordination nationale a permis d’inscrire dans les statuts l’objectif de parité, déjà pratiqué dans différents organes (bureau de coordination, portes-paroles, co-présidence). Les élections ont eu lieu sur deux listes – liste des femmes & liste des hommes (les personnes non binaires pouvaient s’inscrire sur l’une des deux listes). La nouvelle Coordination nationale compte donc 36 membres, élu.e.s pour la première fois de manière paritaire.

Rapport du mouvement politique par Gary Diderich

Rapport d’activités des députées par Nathalie Oberweis

Résolution principale

Les points incontournables d’une politique communale de gauche

Basée sur le catalogue de mesures retenues dans le programme cadre pour les élections municipales, cette résolution a pour objectif de soumettre au vote du Congrès les points forts d’une politique communale de gauche. Cette résolution tente ainsi de résumer les principaux objectifs politiques visés par le programme cadre et de souligner les enjeux et mesures auxquels une politique communale de gauche peut s’adresser en toute urgence dans une perspective écosocialiste.

Le programme-cadre établit que les communes peuvent – et devraient – contribuer à tracer des voies transitoires vers une autre logique de fonctionnement que celle d’une société capitaliste ! Aussi, s’agit-il de pousser les communes à faire pleinement usage de leurs pouvoirs de planification et de réglementation pour protéger l’environnement et la biodiversité ainsi que de lutter contre la pauvreté, l’exclusion sociale et la pénurie de logements abordables.

Dans le cadre de cette résolution, l’accent est mis sur le développement d’une mobilité durable, la lutte contre la pauvreté et le gaspillage énergétique et l’accès de toutes et tous à des logements abordables.

Améliorations des transports publics et développement d’une mobilité douce !

La crise climatique et la croissance du trafic individuel nous imposent deux mesures indispensables : à terme, la fin des voitures au moteur à combustion et une transition massive vers les transports en commun publics. Tout.e habitant.e d’une commune doit pouvoir se déplacer facilement sans voiture. En effet, le recours à la voiture individuelle doit être découragé. De même, les communes doivent mettre en place les conditions nécessaires pour garantir l’accès aux transports en commun, promouvoir la mobilité douce ainsi que pour protéger les piétons et les cyclistes. La protection de l’environnement et surtout la réduction des émissions de CO2 doivent être les objectifs qui chaperonnent les mesures d’urgence à mettre en place.

Pour cela il est primordial que les communes :

  • étendent les réseaux et les services de transports en commun existants tout en veillant aux adaptations des horaires train – bus – tram et à l’augmentation des fréquences de passage ;
  • assurent la proximité d’accès, la ponctualité et la priorité aux transports en commun ;
  • gèrent en main publique lestransports en commun ce qui implique la remunicipalisation des lignes de bus d’ores et déjà privatisées ;
  • mettent en place despistes cyclables sécurisées et construisent des voies rapides cyclables intercommunales;
  • réduisent la vitesse de circulation à 30 km/hdans les centres-villes et les quartiers résidentiels;
  • disposent d’un système de car-sharing unique et public avec des places de stationnement réservées à ces voitures partagées dans les quartiers et villages.

Pour la transition écologique communale et l’adaptation au changement climatique !

Au-delà des mesures de prévention du changement climatique par les politiques de transport, de rénovation de l’habitat, d’énergies renouvelables… il revient aux communes de prendre des mesures drastiques contre le changement climatique réel dont les conséquences sont déjà très considérables (canicules, fortes pluies, pollution de l’air), afin que la vie urbaine ne devienne pas de plus en plus insupportable. La densification constante de l’habitat ne fait que souligner la nécessité de verdir, d’humidifier, d’aérer et de rendre plus lumineux les espaces urbains.

 Il est donc essentiel que les communes précèdent à :

  • aménager beaucoup plus d’espaces verts à l’intérieur des villes et de replanter de façon appropriée et générale les arbres de rue;
  • protéger ou dégager les sources et les étangs ainsi que les fontaines et les puits afin qu’ils créent des courants d’air pour modérer les températures ;
  • rendre progressivement les revêtements routiers et les murs extérieurs des bâtiments aussi clairs que possible, afin qu’ils réfléchissent et n’emmagasinent pas la chaleur pour la nuit.

Pour une politique énergétique écosocialiste dans les communes !

Tout habitant.e doit avoir accès à l’eau courante, à l’électricité et au chauffage. L’énergie doit provenir d’une source renouvelable et être tarifée selon des critères sociaux et écologiques. Les communes doivent engager tous les moyens à leur disposition pour lutter contre le gaspillage et la surconsommation.

Elle doit également investir dans les technologies énergétiques alternatives qui permettraient de couvrir la consommation d’énergie électrique d’une ville et de réduire l’influence des grandes centrales énergétiques.

Pour cela il est primordial que les communes :

  • se lancent dans la production d’énergie renouvelable sous contrôle public et encouragent les initiatives individuelles et coopératives décentralisées de production d’énergie renouvelable ;
  • mettent en place des taxes échelonnées sur l’eau, l’électricité et le chauffage en fonction de la consommation tout en introduisant la gratuité  pour une quantité énergétique de base;
  • mettent en place des aides ciblées pour les habitant.e.s qui ont du mal à payer leur factures d’énergie ;
  • mènent une campagne publique d’assainissement énergétique des logements communaux et privés sur base d’un concept de financement des travaux de rénovation/isolation comprenant des aides non remboursables et des crédits remboursables en fonction du revenu disponible, tout en tenant compte des coûts énergétiques économisés.

Un logement abordable pour toutes et tous !

La pénurie de logements au Luxembourg est dramatique, surtout au niveau des logements abordables dont le besoin est urgent. Il ne suffit pas de gérer la pénurie existante, mais il s’agit de mettre en place une politique sociale active qui mise sur des logements abordables pour tous. Les communes ont des possibilités concrètes d’aménagement qu’elles devraient saisir pour soutenir activement la construction de logements et pour ne plus laisser personne dans la rue.

 Pour cela il est primordial que les communes :

  • s’engagent à mettre à disposition au moins 10% de  l’ensemble du parc de logements sous forme de logements locatifs publics d’ici 2030 ;
  • mettent en œuvre des projets pilotes « Housing First » sur le territoire de la municipalité afin de répondre aux besoins des personnes socialement exclues ;
  • créent à court terme des logements d’urgence communaux;
  • mettent à profit les logements vacants en les recensant et en soumettant les logements vacants depuis plus d’un an sans justification à une taxe à la charge des propriétaires laquelle sera doublée chaque année.

Nature et espaces verts

La bétonisation, le scellage et la destruction de I ’environnement continuent apparemment sans limites. Les constats des dégâts dans le récent quartier d’Esch/Belval sont le meilleur exemple de ces méfaits, mais on pourrait aussi citer les permissions pour les granges d’élevages de bovins pour 150 bêtes. Ou les luttes pour la préservation du Bobësch, menace par un contournement à Sanem, etc.

  • Il faut une politique de protection de la nature et des zones vertes communales, mais aussi dans les agglomérations et villes elles-mêmes. À côté du développement des parcs et jardins publics, il faut de véritables flots verts pour les humains et la biodiversité dans les quartiers résidentiels. Une reforestation et renaturation sont nécessaires
  • La canalisation des cours d’eau doit prendre fin et I ‘ouverture des ruisseaux et rivières doit devenir la règle.

Il faut limiter les centres commerciaux qui détruisent les espaces verts autour des villes et ce qui reste des petits commerces dans les centre-ville et les villages.

Jeunesse, sociale et solidaire

Pour pouvoir affronter les multiples problèmes il faut déclencher une véritable dynamique de changements et adopter de nouvelles approches. L’espace de la démocratie communale est limité mais on pourra montrer des voies et faire les premiers pas dans la direction d’une alternative écologique et socialiste.

  • Nous allons impulser des mouvements pour des « centres de jeunesse et de la culture autogérés », pour permettre à la jeunesse d’exprimer leur créativité, leur révolte et la volonté de changements.
  • Il faut recommunaliser les services privatisés ou externalisés et créer là où il le faut, de nouveaux services communaux sous un régime public avec du personnel fonctionnarisé.
  • On devrait organiser des jumelages solidaires avec des régions du monde et ses populations qui sont directement touchées par les changements climatiques et développer des coopérations.


(Les résolutions du 20e Congrès seront publiées sous peu)

Fir eng Zukunft ouni Exploitatioun vum Mënsch a vun der Natur muss ee sech konkret organiséieren an ecosozialistesch Léisunge fannen. De 19. Kongress vun déi Lénk zu Colmar-Bierg war ee grousse Succès mat eng grousser Participatioun a gudden Atelieren iwwert déi wichteg Sujeten: d’Indexmanipulatioun, de Krich an der Ukraine an d’Geschlechtergläichheetam Mouvement.

Dir fannt hei Discourse vun eisen Deputéierten a vun eise Spriecher:

Pour une stratégie écosocialiste : sortir de la logique capitaliste !

Résolution principale

Le 19e Congrès de déi Lénk du 24 avril 2022 à Colmar-Berg, tenu sous le mot d’ordre « Zesumme géint d’Ausbeutung vu Mënsch an Natur », a tiré des premières conclusions du débat interne sur les nécessités d’une stratégie écosocialiste.

Ce débat a été commencé le 25.9.2019 par la présentation à la coordination nationale du papier « déi Lénk, mouvement écosocialiste ? Contribution aux réflexions stratégiques pour le travail politique et pour l’organisation interne de déi Lénk ». Il a été mené à l’intérieur des organes de déi Lénk en tant que processus commun et coopératif. Ralenti par la crise du Covid-19, rendant difficile les échanges personnels directs, relancé par le 18e Congrès de 26.9.2021 de déi Lénk à Remich, ce processus a finalement abouti, suite à une consultation des membres et des sections, à l’adoption de thèses provisoires par la coordination nationale. Les résultats de ce processus ont la vocation de continuer d’être soumis à la délibération interne de tous les membres de déi Lénk.

Sur base de tous ces éléments, le congrès admet la résolution suivante qui servira de base à la continuation des travaux et à l’élaboration des programmes électoraux pour les élections communale et nationale en 2023:

  1. La logique de l’accumulation capitaliste continue de dominer nos sociétés. Le capital privé tend à s’agrandir sans limites en s’accaparant les produits du travail humain. Avec la percée du néolibéralisme, la logique de l’accumulation financière s’est encore accentuée, encouragée par les politiques économiques libérales des gouvernants.
  2. Résultat : une concentration accrue de richesse et de pouvoir aux mains de la minorité possédante, la dépossession, l’incertitude, voire la pauvreté pour celles et ceux qui ne disposent pas de capital. Des inégalités intolérables – sociales, culturelles, et de pouvoir – au sein de nos sociétés de même qu’entre les pays riches et les pays pauvres. Et qui, sans changement de direction, pèseront aussi, voire plus sur les générations suivantes.
  3. La même logique néfaste de la priorité du profit privé est à l’origine des dérèglements écologiques : crise du climat, régression de la biodiversité, pollution, accumulation des déchets, marchandisation du vivant, bref la destruction de plus en plus galopante des bases essentielles de la vie.
  4. La concentration des pouvoirs économiques conduit aussi à une érosion de la démocratie. Sans revirement fondamental, nous entrons dans un cercle vicieux : moins de démocratie réelle et efficace, donc moins de chances d’inverser les rapports de pouvoir, donc moins de démocratie etc.
  5. S’il faut sortir de la logique capitaliste, cela ne veut pas dire qu’il faille attendre la grande rupture définitive pour changer les choses. A l’intérieur des sociétés capitalistes, il est possible de contrer au moins partiellement cette logique. Pour preuve : les exemples du droit du travail et de la sécurité sociale, le développement des services publics, l’émergence de nouvelles formes d’économie non centrées sur le profit.
  6. Mais la soif insatiable du capital veut envahir les sphères qui lui ont échappé. Force est de constater qu’il a déjà largement réussi. Ubérisation, privatisation des services publics, du secteur
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    des transports, des communications, de la santé et des soins. Il est urgent de changer de direction!
  7. Il faut briser le tabou d’une mise en question de la propriété privée du capital et promouvoir d’autres formes de propriété et de gestion: publiques, sociales, collectives, coopératives…
  8. S’il faut garantir l’accès de tous les humains aux biens et services essentiels, il faut aussi arrêter l’incitation permanente à la surconsommation nocive.
  9. Contre la concentration de richesses et de pouvoir en haut de la société, une redistribution inverse s’impose, par de nouvelles politiques économiques, fiscales, culturelles et un renouveau démocratique qui mérite son nom.
  10. Pour sortir de la logique capitaliste respectivement lui imposer des limites, on ne peut se fier à la raison ou la bonne volonté des gouvernants. Seule une forte résistance populaire, avec la perspective crédible d’alternatives pourra imposer des changements réels.
  11. Des luttes sur des revendications concrètes peuvent favoriser cette prise de conscience et faire voir la nécessité d’une convergence de ces luttes pour inverser les rapports de force.
  12. Cela suppose une nouvelle conscience des intérêts communs de celles et de ceux qui vivent de leur travail et non du rendement de leur capital. Une tâche essentielle de La Gauche sera de propager cette conscience commune.
  13. Il faudra déjouer la tentative d’opposer les préoccupations sociales et écologiques. Les dérèglements écologiques et leurs conséquences frapperont surtout celles et ceux déjà dépossédé/es socialement. Il faut donc arriver à faire converger les engagements écologiques, sociaux, démocratiques.
  14. Ecosocialisme, cela veut donc dire : rendre aux humains le pouvoir sur leurs conditions de vie, rendre à celles et ceux qui travaillent le contrôle sur leur travail, leurs outils et leur produit, et en même temps préserver les bases naturelles essentielles de notre vie commune pour nous et les générations suivantes.

(Résolution adoptée par le congrès du 24 avril 2022)


Ween den Index manipuléiert, schwächt d’Leit.

Tagesresolution

Die Tripartite sollte eigentlich konkrete Antworten auf die steigenden und für viele Menschen nicht mehr tragbaren Energiepreise liefern. Stattdessen bedeutet das Abkommen vom 31. März 2022 eine ungeheure Umverteilung des geschaffenen Reichtums von unten nach oben. Neben direkten Subventionen für energiefressende Betriebe, Staatsgarantien für Großkonzerne, ist vor allem die Manipulation des Index der Kern dieser Umverteilung.

Allein durch das Verschieben von Indextranchen bis April 2024 werden dem Patronat immense Lohnmassen geschenkt, auf die das Salariat teilweise dauerhaft verzichten muss. Für einen Teil der Beschäftigten und Rentner wird dieser Lohnausfall zeitlich begrenzt kompensiert über das Staatsbudget. Der Staatshaushalt wird aber größtenteils über direkte und indirekte Steuern der Beschäftigten finanziert. In anderen Worten: das Salariat bezahlt mit seinen Steuern – anstelle der Betriebe – seine eigene Lohnkompensation. Ein Teil des Lohns wird so ersetzt durch staatliche Almosen, bezahlt von den Beschäftigten selbst. Mit der Kompensation wird darüber hinaus versucht, das Salariat zu spalten zwischen kleinen und mittleren Löhnen. Selten zuvor wurde eine Umverteilung von der Arbeit hin zum Kapital derart unverhohlen und perfide vorgenommen.

Der Index ist ein sozialstaatliches Instrument, mit dem der Verlust an Kaufkraft der Löhne und Pensionen durch die Inflation nachträglich ausgeglichen wird. Seine Aussetzung bedeutet, dass der Lohn an Wert verliert.

Das Tripartiteabkommen ist ein enormer struktureller Angriff auf den Index. Nicht nur, weil er über die Dauer der nächsten 2 Jahre manipuliert wird, sondern auch weil damit die Weichen gestellt sind, dass nach 2024 nur noch eine Tranche pro Jahr ausbezahlt wird. Unfassbarer Weise begründet gerade die LSAP die Indexmanipulation damit, dass die Betriebe ‘Previsibilität’ bräuchten. Wie blanker Hohn klingt dieser Satz, wenn man sich die Gewinnsteigerungen ganzer Wirtschaftszweige des Jahres 2021 vor Augen führt. Dies ist ein undifferenziertes Lohngeschenk mit der Gießkanne an alle Betriebe, damit verschiedene von ihnen noch höhere Gewinne einfahren und an ihre Aktionäre verteilen können. Der Kaufkraftverlust der Menschen, die von ihrem Lohn leben scheint DP, LSAP und Grünen zweitrangig zu sein. Die Solidarität der Regierung geht nur in eine Richtung: von unten nach oben.

déi Lénk

  • verurteilen die geplante Indexmanipulation aufs Allerschärfste und werden sich auf allen Ebenen dagegen einsetzen;
  • werden der Desinformationspolitik der Regierung eine eigene Aufklärungskampagne entgegensetzen und ihre Forderungen bezüglich der Energiekrise unterstreichen;
  • begrüßen den Widerstand der größten Gewerkschaft des Landes OGBL und appellieren an die beiden anderen repräsentativen Gewerkschaften, sich der Indexmanipulation zu widersetzen;
  • werden sich aktiv an den Mobilisierungen gegen die Indexmanipulation beteiligen und rufen alle Mitglieder und Sympathisant.Innen auf, sich an der Großdemonstration am 1. Mai zu beteiligen.

(Resolution angenommen durch den Kongress vom 24. April 2022)


Autres motions et résolutions adoptées lors du congrès

Résolutions et motions non adoptées

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